{ Monieux }

Monieux, berceau des PONS. Au moins 5 générations y ont vécu avant « l’exil » vers St Saturnin lès Apt en 1781.
Dépendant du Comté de Sault, le petit village de Monilis tel qu’il est nommé au Moyen Age, est étendu sur 4712 hectares et est composé de plusieurs hameaux et lieux-dits. Cramponné au flanc sud-est du Mont Ventoux à 650m d’altitude, situé à l’entrée des Gorges de la Nesque, le village possède des murs d’enceinte et une tour de guet carrée du 12e siècle. Successivement appelé Monjeu au XVIIe puis enfin Monieux au XIXe siècle, cette dénomination viendrait de « Mont Jovis », Mont de Jupiter, un petit temple dédié à ce Dieu ayant pu dominer le site à l’époque gallo-romaine.
  « D’argent au loup ravissant d’azur, lampassé et armé de gueules »                                         Bordure de gueules ajoutée en 1983
Les Archives municipales de Monieux sont conservés aux AD de Vaucluse. Les registres BMS, bien que lacunaires [Baptêmes 1E79/1 1572-1583, 1585, 1590, 1593-1597), Mariages (AD 1E79/2 1601-1605), Sépultures (1E79/1 1597)] sont tenus dès mai 1572 pour les baptêmes. Nous y trouvons le premier acte de la lignée PONS, l’acte de baptême d’Honorat en mars 1585. Ces registres sont tenus en latin entre les années 1626-1629.
Détail du cadastre napoléonien – 1818 – section Q « le village » AD Vaucluse 3P 2-079/27
A la fin du XVIIe siècle, l’industrie locale de Monieux est dominée par le bois. En 1682 vivaient dans le bourg 8 menuisiers, 3 tourneurs, 2 tonneliers et 3 scieurs de long. Le bourg comptait également 20 tisserands. Il reste, le long de la Nesque, quelques beaux moulins.

 

Vue de Monieux
L’église paroissiale de Monieux est dédiée à St Pierre. Édifiée au XIIe siècle, l’église est située à l’extérieur des remparts. Au fil du temps, l’abside initiale a disparu et divers ajouts et modifications (surélévation du sol, construction de chapelles latérales aux 17e et 18e siècles, …) ont transformé l’église originelle mais le chœur surplombé d’une élégante coupole octogonale sur trompes témoigne encore de l’époque romane. Malmenée par le temps, un pan de murs s’est écroulé suite à un violent orage en 2017. L’association ANESCA collecte des dons pour permettre sa restauration (lien en fin d’article).
A Monieux, comme il était d’usage partout en France, certaines inhumations se faisaient dans des caveaux construits sous les chapelles latérales de l’église. Ces inhumations étant réservées à ceux qui pouvaient payer une forte somme d’argent, la somme étant dégressive proportionnellement à l’éloignement du Chœur.  Les corps enroulés dans des linceuls étaient déposés directement sur le sol, recouverts par une stèle faisant office de dallage. Une habitante de Monieux rencontrée dans l’église en février 2018 m’a confirmé que des ossements avaient été retrouvés lors de travaux.
Extrait de l’acte de sépulture de Jean Pierre PONS, AD Vaucluse, Monieux, BMS oct 1711-1713
En épluchant les actes de sépultures de la famille PONS, il apparait que seul Jean Pierre PONS (1626-1712) fut inhumé dans l’église. Tous les autres membres de la famille sont enterrés au cimetière, même Marie Anne CALLOT, son épouse, décédée avant lui. Le regroupement familial pour le dernier voyage n’apparait pas comme une préoccupation de l’époque.
En étudiant le registre de sépultures pour l’année 1712, date du décès de Jean Pierre, nous constatons que 5 lieux de sépultures sont possibles. Sur 34 décès, 22 personnes sont enterrés au cimetière, 6 dans un lieu inconnu (sans indication), 1 dans le cimetière de la succursale des Abeilles, 2 dans l’église (sans indication plus précise), et 1 dans le tombeau de ND des Grâces et 2 dans le tombeau de St pierre. Je suppose que les tombeaux correspondent aux chapelles latérales, les dalles tombales encore visibles étant situées à ce niveau.

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Le village possède aussi une chapelle originale, la chapelle romane St Michel de l’Anesca, composée d’une simple nef rectangulaire et d’une abside semi circulaire voutée qui a été construite dans un abri sous roche sous l’une des falaises des gorges de la Nesque. Elle a été remaniée plusieurs fois avant d’obtenir son architecture actuelle.
Le village est aussi le point de départ du célèbre « mur de la Peste », édifié en 1721, objet d’un prochain article.

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Photo aérienne des Gorges de la Nesque @Jean-Gérard HUGUET
Après les Gorges du Verdon, les Gorges de la Nesque sont certainement les plus spectaculaires de Provence. Gigantesque fissure aux allures de canyon, entaillant le plateau calcaire des Monts de Vaucluse, les gorges de la Nesque se déroulent sinueusement sur une vingtaine de kilomètres entre Monieux et Méthamis avec une dénivellation d’environ 300m entre ces 2 points.

 

Si vous séjournez en Provence lors de vos prochaines vacances, ne manquez pas la visite de ce charmant village…

 

En savoir plus:

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